Un sandwich à la lessive de soude !

Publié le par V

Ça faisait un moment que je voulais publier un article sur un sujet qui me tient à cœur : notre alimentation. Cette occasion se présente alors que je rejoins la communauté «Trucs et astuces planète ».

Ceci est l’histoire d’un sandwich, tout à fait anodine en apparence, mais dramatique dans la conclusion. C’est entièrement véridique, ne cherchez pas de retouche d’image ou de manipulation d’info… tout est vrai… malheureusement.

Donc, le 14 juillet dernier, alors que je me trouvais dans la capitale économique de la Suisse, avec mon mari, nous voulions faire des provisions pour la route de retour en France.

Dans une chaine de supermarchés suisse (dont je n'écris pas le nom), nous sélectionnons quelques denrées dont des sandwichs d’aspect correct (pas des clubs sous plastique). 5FS pièce.

Pas méfiante (je devrais l’être maintenant) et affamée, je déguste mon repas… et voilà que je retourne le sachet papier. Et je regarde à deux fois quand je vois la liste des ingrédients. C’est écrit en tout petit, ça occupe plus de 15cm² de papier.


Je vous dis que je pensais manger du pain au lait, trois variétés de charcuteries, 1 tranche de tomate, 1 d’œuf et 1 de cornichon, moutarde.
Erreur, enfin presque !

Voici la liste des ingrédients (tenez-vous bien) :

- pain spécial (farine de froment, eau, graisse de palme, œufs (d’élevage au sol), lait écrémé en poudre, levure, lessive de soude[E 524], sel de cuisine iodé, malt d’orge)

- produit à base de viande de porc cuit 11% (viande de porc, eau, lard, couenne, caséinate de sodium, sel nitrité (sel de cuisine iodé, conservateur [E250], maltodextrine, stabilisant [E 331], arôme, extrait d’épice (avec céleri), acidifiant [E 262], extrait de levure, épices, antioxydant [E300], arômes)

- produit à base de viande de porc 8% (viande de porc, eau, sel nitrité (sel de cuisine, conservateur [E 250], stabilisants [E450, E451], arôme, antioxydant [E301], sucre de raisin, sucre, maltose (maïs), extrait d’épices)

- salami 6% (viande de porc, lard, couenne, sel de cuisine, correcteur d’acidité [E575], sucre de raisin, épices, sirop de glucose, sucre, agent conservateur [E252], antioxydant [E300, E301]

- sauce de moutarde (huile de colza, graisse de beurre, moutarde (eau, graines de moutarde, vinaigre de table, sel de cuisine, sucre, épices), eau, émulsifiant [E471], concentré de jus de citron, arômes)

- concombres au vinaigre (concombres, eau, vinaigre d’alcool, sucre, sel de cuisine)

- tomates ...sans rien dedans ou dessus, surprenant...

- ovoproduit (blanc d’œuf (d’élevage au sol), jaune d’œuf (d’élevage au sol), amidon de maïs modifié [E1412]… là ça craint vraiment …, antioxydant.

Teneur totale en sel de cuisine : 1.6%

Info allergies : contient de l’œuf, du gluten, du lait, du céleri, de la moutarde

 

Bon, je vous le dis, quand j’ai lu la composition à mon mari, il n’a pas voulu en manger. J’étais dégoûtée de m’être fait avoir de cette manière, car c’est l’impression que cela donne : la tromperie sur la marchandise !

Après réflexion, il y a plusieurs choses qui me révoltent :

- la liste de tous les produits E truc et autre qu’il a fallut rajouter pour que ça ait un goût et un aspect mangeable

- la faible teneur en « vrai » : 8% et 11% de viande dans une charcuterie… mais les 90 autres pourcents… c’est fait avec quoi ?

 

- la teneur en sel est indiquée, mais qu’en est-il de la teneur en sucres ?

 

- la liste en elle-même, tellement exhaustive qu’on prend peur : ces étiquetages respectent des normes établies par la loi pour permettre au consommateur de « savoir » ce que contient son alimentation. Si tous les boulangers/pâtissiers/petits commerçants devaient respecter un tel étiquetage, ils se noieraient sous le coût et péricliteraient rapidement –tout à l’avantage des grands industriels qui gagnent chaque jour quelques parts de marché.

Remarque : en Suisse, il a très peu de vraies boulangeries. Donc, le consommateur, même conscient, est presque toujours condamné à manger de l’industriel à longueur d’année… Ne laissons-nous pas faire en France !

Donc, méfiez-vous des labels et autres étiquetages de produit ! C’est souvent une manœuvre de récupération des industriels pour éliminer la concurrence des petits producteurs et artisans (pour plus d’info, je vous encourage à lire le dossier « Les garanties en question »  dans Nature&Progrès n°67)